Insolence

On a beau vouloir changer, et être dans une belle dynamique, le contexte qui nous entoure n’est pas toujours dans cette même dynamique et le contexte ne changera que lorsque notre changement les atteindra. Comment faire face à l’insolence quand elle est si bien installée ? Sommes-nous toujours près à accuser des attaques verbales de notre propre chair ? Non, pas toujours et surtout quand on n’en pas eu l’habitude. Ce matin me l’a encore cruellement rappelé et mes larmes versées ne peuvent laver les échanges que j’ai pu avoir avec mon fils…

1. Mon besoin et leurs besoins :

Les enfants avaient passé leur weekend avec leur père et moi en solo face à moi-même. J’avais pu me ressourcer, méditer et j’étais prête à les accueillir et à passer du temps avec eux. Bon il me restait quelques démarches administratives à faire mais le mardi matin me suffirait.

Les enfants se sont tranquillement levé à 10h30. Je leur ai indiqué que je devais impérativement finir ces tâches administratives et que ça me déplaisait beaucoup, mais qu’une fois terminées, je serais avec eux et nous pourrions jouer.

En attendant ils se sont occupés. Sauf que mon fils B. de 11 ans, celui avec qui j’ai tant de difficultés, est rentré plus tôt de l’école et a clairement manifesté son mécontentement face à mon occupation. Il n’a eu de cesse d’embêter son frère cadet jusqu’à ce que ça se transforme en incident malgré mes maintes demandes. Une fois son frère en pleur et moi en colère, j’ai demandé à mon fils de rester dans sa chambre par sécurité jusqu’à ce qu’il retourne à l’école. Je n’ai certainement pas dû faire le bon choix, mais là j’étais prise de cours et surtout lassée de son comportement provocateur. Je sais mes termes sont encore loin de la CNV, mais j’écris à chaud pour me défouler et apaiser ma colère.

 

2. Réagir sur le coup de la colère :

Mon fils B. a bien sur pris cette mesure de sécurité comme une punition, et j’avoue qu’on en était pas loin. Je suis partie prier pour me calmer, et une fois calmée je me suis dit que j’allais leur proposer un jeu de société jusqu’à ce qu’il aille à l’école. Sauf que j’ai trouvé mon fils prêt à partir 45 min à l’avance au collège. Je lui ai dit que ce n’était pas possible, et je lui ai proposé un jeu, ce qu’il a décliné en disant que c’était trop tard. Puis je lui ai demandé d’enlever ses chaussures ce qu’il a refusé de faire. J’ai fini par l’ignorer. 15 minutes plus tard, il a voulu partir. Je lui ai rappelé que ce n’était pas l’heure. Il a commencé à maugréer en me disant qu’il avait donné rendez-vous avec un pote. Je lui ai rappelé que la règle c’était de partir 15 min avant le cours et que suite aux problèmes rencontrés à l’école (car ce n’est pas le premier…) je ne voulais pas le voir trainer dehors. Et là j’ai eu le droit à : tout pour me faire chier, tu le fais exprès… Mon âme de mère blessée au plus profond d’elle-même… Ma gifle prête à partir… Mais je l’ai retenue bien que mon cœur saignait de douleur. Comment mon enfant pouvait-il me parler ainsi, comment osait-il exprimer sa colère de cette façon. Je faisais des efforts surhumain pour changer et c’était ça la récompense ? Je suis fatiguée. En 1 semaine j’avais dû essuyer 3 comportements compliqués de chaque enfant et ça c’était le 4ème. Un peu beaucoup pour un pauvre être humain comme moi.

Alors je suis devenue méchante, j’ai voulu le blesser comme il m’avait blessé. Je lui ai dit que je ne me rabaisserai pas à le gifler car je jeûnais, mais que je ne voulais plus passer de temps avec quelqu’un qui m’insultait et que jusqu’à nouvel ordre il resterait dans sa chambre. Oui je sais, c’est re-punition donc ça va être pire. Et puis voyant qu’il continuait de me répondre bah vas-y d’accord, je suis sortie. J’ai trouvé ses vêtements qui trainaient dans la buanderie, alors je les ai ramassés et je lui ai jeté sur son lit en lui jetant un « tes affaires puent la pisse ! » Oui je sais c’était cruel. Mais je ne m’en suis pas arrêtée là, ma blessure toujours plus vive que jamais était agrandie par le fait que mon fils continuait de me répondre avec un air je m’en foutiste qui cachait en fait sa frustration.

Alors je lui ai donné le coup final : « la prochaine fois que tu m’insultes, je vais à ton école pour dire à tes copains que tu n’es qu’un petit pisseux qui répond à sa mère et on verra là si tu te la racontera comme maintenant ». Ça y est là je l’avais touché. Bon sang, le fait d’écrire me permet vraiment de réaliser à quel point j’ai été cruelle de lui dire ça, surtout que je ne l’avais jamais fait. Ses yeux sont devenus rouges prêts à pleurer, mais sa fierté l’en empêcha. Il se prépara pour aller à l’école en détournant son regard de moi lors de son passage. Et moi, j’ai pleuré toutes les larmes de mon corps, ne comprenant pas ce qui venait de se produire. Pourtant le matin j’avais utilisé toutes les aptitudes que je connaissais et avait exprimé mes besoins. Mais je n’avais peut-être pas mis assez l’accent sur les siens. J’avais peut-être manqué d’empathie ?

Comment vais-je pouvoir rattraper cette situation ? Je suis tant blessée de son attitude et si fatiguée de voir que tous mes efforts sont parfois anéantis en quelques secondes.

Je sais que je ne dois pas lâcher, mais je ne suis qu’un être humain avec ses faiblesses, et je ne peux changer du jour au lendemain… Je voulais partager avec vous cet instant de détresse car je sais que je ne suis pas la seule à en vivre, mais aussi parce qu’un jour je relirai ces articles en me disant : « ah, j’ai bien évolué maintenant »

 

3. Plusieurs semaines plus tard :

Je sais aujourd’hui que mon fils ne trouvait tout simplement pas sa place à l’école bien qu’en apparence ce soit lui le bourreau de l’école. Voir ses frères en unschooling s’amuser alors que lui avait décidé d’aller à l’école a du générer une grande frustration. Aujourd’hui il souhaite se déscolariser. Les relations restent encore très difficiles. Entre temps j’ai mis en place des alternatives telles que des conseils de famille journaliers où nous traitons les plaintes portées sur les actes nuisant à notre collectif familial. Je veux croire qu’à force de persévérance, de rabâchage quotidien sur le comportement, cela portera ses fruits 🙂

 

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3 commentaires pour “Insolence

  1. Coucou!
    C’est une situation très compliquée quand les enfants ont décidé de nous blessés, il est difficile de ne pas les blesser à notre tour. Parfois,il ne nous laisse pas le choix. Le problème je pense c’est qu’à un moment ils se sentent trahi par leur parents. Les ayant mis à un certain pieds d’escales, lorsqu’il réalise qu’ils ne sont pas infaillible, qu’ils peuvent se tromper, ils ont du mal à leur pardonner leurs faiblesses.
    Je n’ai pas encore d’enfants mais j’ai eu à traiter avec toutes les tranches d’âge et j’ai participé à l’éducation de plusieurs de mes neveux et nièces. Quand l’enfant perds cette confiance, il faut que le parent persévère et essaye de donner du temps neutre à tour de rôle à chaque enfant. Ça n’est pas facile du tout mais l’effort fini par payer. Et chaque jour aidez vous avec feux unité de prière
    Bon courage à vous, l’éducation n’est pas chose facile

    1. Oui c’est sur. Mais tu verras qu’éduquer les enfants des autres ça n’a rien à voir avec éduquer les siens. J’ai travailler plus de 10 ans avec mes élèves, je n’ai quasiment jamais eu de souci, au contraire ! Et même en ZEP ! Mais avec ses enfants, c’est différent. Ici le problème ce n’est pas une histoire de trahison, mais une habitude éducative qui est en train de changer progressivement. Donc pour enlever les mauvaises habitudes il faut autant de temps qu’on a pratiqué ces mauvaises habitudes tout simplement. Je partage ces accrocs, souffrances et réussites pour moi, pour mon suivi mais aussi pour casser ce mythe internet de mère parfaite, ces tabous autour de l’éducation parfaite. Cet article n’est pas un article de désespoir mais un article parmi tant d’autres qui montre la vérité. Heureusement que je ne m’en arrête pas là, j’écrirai la suite de l’article où nous avons échangé ensuite avec mon fils sur ses difficultés à communiquer ses besoins et sentiment. Car il est là son problème. Et il a ce problème car je ne lui ai pas appris à le faire depuis petit. 🙂

  2. Ouiii c’est clair que c’est très différents avec ces propres enfants ! J’aime beaucoup ce que tu fais c’est très réaliste, tout n’est pas fait de beau et de perfection mais en effet de pleins de petits soucis et de difficultés qui font grandir. Il n’y a pas un mode d’emploi surtout mais des modes d’emplois. Bon courage en tout cas

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