Patience… je gère une crise de colère

Combien de parents se retrouvent démunis face à une crise de leur chérubin pas plus haut que trois pommes. C’est un capricieux dira-t-on.

Le pensez-vous ? Et si nous n’avions ni la bonne compréhension ni les bons outils pour nous en sortir ? Je vais vous partager une crise de ma fille à laquelle j’ai survécu sans avoir à crier, taper ou punir.

 

1- L’élément déclencheur :

J’étais partie faire quelques courses avec ma fille Dalila (4 ans). En passant dans un rayon, on est tombé sur des marshmallow qui nous ont fait les yeux doux. En ayant envie autant qu’elle, je les ai mis dans le chariot en lui précisant qu’on ne les mangerait qu’après le repas. Ce qu’elle a accepté sans problème. Arrivées à la caisse elle a tenu à les porter. Jusque-là toujours pas de problème. Mais dans la voiture, l’envie d’avoir maintenant un bonbon est devenue trop forte pour elle, et elle a commencé à essayer d’ouvrir le sachet. Je lui ai alors rappelé notre accord, mais elle a fait sourde oreille et a continué d’essayer d’ouvrir le paquet. Je l’ai alors prévenue que si elle continuait, je n’allais avoir d’autres choix que de lui retirer et de le mettre dans les sacs de course. Vous devinez la suite… J’ai mis en pratique ce dont je l’avais avertie et j’ai récupéré en échange une sonnerie d’alarme incendie impossible à éteindre. Je me suis dit que ça ne servait à rien de gérer le conflit sur le parking, habitant à moins de 5 min du supermarché. J’ai donc démarré -toujours avec l’alarme incendie- et suis rentrée dans mon parking. La crise n’avait pas diminué d’un poil et les cris se faisaient de plus en plus stridents.

 

2- Je cède ou pas ?

Arrivée à ce stade, la question pourrait légitimement se poser : je lui donne un marshmallow ou pas ? Au moins je ne l’entendrai plus et je pourrai porter mes courses car vous vous doutez bien qu’elle refusait de descendre de la voiture et encore moins de marcher. Oui mais si je lui donne son marshmallow, à quoi bon avoir fait tout ça ? Pourquoi ne pas lui avoir donné dès le départ ? Quel message vais-je lui envoyer ? Que lorsqu’on fait une crise, on obtient tout ce que l’on veut ? Pas très positif comme message tout ça, non ?

Vous avez compris, il était bien évidemment hors de question d’accéder à sa demande à partir du moment où j’avais dit non précédemment. Nos réponses doivent être cohérentes pour l’enfant. Nous devons rester fermes et en accord avec nos décisions. Alors comment ai-je géré ça ?

Choisissez la bonne réponse :

a – Je l’ai portée toujours hurlant jusqu’à la maison puis je suis redescendue chercher mes courses.

b – Je lui ai dit que puisque c’était comme ça, elle n’aurait pas du tout de bonbons et que je ne lui en rachèterai plus.

c – Je lui ai crié dessus pour la calmer.

d – Je l’ai menacée de la laisser toute seule dans la voiture si elle ne se décidait pas à sortir.

e – Je me suis mise à pleurer avec elle.

 

3- Comment réagir face à une crise ?

Alors qu’ai-je donc fait ? Et bien je n’ai opté pour aucune des solutions citées plus haut. Je suis montée à l’arrière de la voiture et je l’ai prise dans mes bras en silence et je l’ai laissée pleurer. Ça a bien duré une dizaine de minutes sans vous mentir. Je la serrai tout contre moi et je lui disais que je l’aimais, que j’étais là pour elle et que je comprenais que ce n’était pas facile à accepter. Ses cris ont fini par diminuer mais pas son envie, et elle a dit toute hoquetante : “je veux un bonbon“. Et oui, elle n’avait pas assouvi son besoin.

– Tu aimerais avoir un bonbon ?

– Oui !

– Je comprends, mais je ne peux pas te donner un bonbon maintenant car je t’ai dit non tout à l’heure, je t’ai dit après le repas. Mais tu sais quoi ? Je te propose quelque chose : je ne te donne pas un bonbon maintenant, mais après manger tu pourras en prendre 2 !

Et là, elle s’est calmée net et m’a répondu :

– d’accord, mais c’est moi qui porte le paquet !

– ça marche, marché conclu !

Et Dalilou de prendre son paquet de marshmallow et de rentrer à la maison comme si rien ne s’était passé… D’ailleurs en rentrant à la maison, elle dira à ses frères : “les bonbons, c’est pour tout à l’heure, après manger“.

 

4- Les bénéfices sur le court et long terme d’une telle gestion :

Cette gestion de crise aura eu le mérite de prendre 15 minutes de mon précieux temps, mais la récompense que j’ai reçue en retour n’a pas d’équivalent : une petite fille calmée, entendue, comprise et satisfaite. Une petite fille qui a eu pour exemple une maman qui a su garder son sang-froid et prendre le temps d’écouter sa peine. Une petite fille qui saura qu’elle peut toujours compter sur sa maman, qu’elle est fiable dans ces choix et ses décisions (puisque je suis restée ferme sur ma première décision, à savoir pas de bonbons avant le repas). Une petite fille qui saura qu’avec sa maman on peut toujours discuter et que rien n’est totalement tranché, nous ne sommes pas dans l’autoritarisme mais dans l’écoute. Cette expérience m’a, une fois de plus, montré le caractère inutile des cris ou des fessées. Certes, certains diront que cela aurait été plus expéditif, mais le retour n’aurait pas été aussi positif. La rancœur serait restée, l’insatisfaction aussi et surtout j’aurais enseigné à ma fille que pour mettre fin à un conflit, la seule solution, c’est les cris ou la fessée. Je conçois parfaitement que ce sont des situations parfois épuisantes pour nous les mamans, mais viendra un jour où l’on sera bien heureuse d’avoir pris de notre précieux temps pour écouter nos enfants, un jour où nos enfants prendront le temps de nous écouter radoter, avec plein de bienveillance, quand la vieillesse nous atteindra.

 

N.B : Un outil bien sympa pour exprimer ses émotions : les émoticônes

 

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