Remplir son réservoir de bien-être

On néglige trop souvent son réservoir de bien-être soit parce qu’on ne sait pas le remplir, soit parce qu’on pense que ce n’est pas nécessaire pour avoir une communication apaisée avec ses enfants. Or c’est faux et j’en ai fait les frais hier…

 

1- Mon réservoir vide…

Hier, je me suis fait un lumbago, le troisième en moins de 6 mois… Une horreur, l’immobilisation totale. Je ne sais pas si vous connaissez, mais la douleur vide littéralement le moral ! Ajoutez à ça des petits problèmes personnels, des enfants pas du tout conscients de votre douleur, habitués à voir maman encaisser sans broncher, sans pleurer, semblant plus forte qu’un roc…

J’ai pourtant essayé de prendre sur moi et d’ignorer mon mal-être. On avait fait le conseil de famille, notre CICA… Mais il a fallu de 2-3 événements ridicules pour provoquer un ras de marrée d’émotions ingérables.

 

2- Une succession de coup de jus…

J’ai pris plusieurs coup de jus avant l’éclair final ! Ça a commencé avec un des enfants qui est venu se plaindre de ne pas avoir de câbles pour charger la tablette. AHHHH ces fichus jeux, si seulement je pouvais les éradiquer du monde ! Puis, un autre enfant est encore venu se plaindre pour charger le téléphone sur lequel il jouait (ils étaient dans leurs horaires de jeux vidéos). Et le dernier a fini par se plaindre de la respiration forcée de son frère qui avait le nez bouché et qui respirait bruyamment à côté de lui. Alors ça c’était le pompon ! De quel droit se permettait-il de rabaisser ainsi son frère ? “Mais demande lui d’arrêter de respirer pendant qu’on y est !” Lui ai-je crié dessus. Et puisque c’est comme ça, plus personne ne joue ! Éteignez tout ! Pas de bol, il a fallut qu’ils viennent me voir au moment où je me prenais la tête sur un problème technique concernant mon travail.

 

3- L’éclair puis le tonnerre…

J’ai hurlé après tout le monde, j’ai dit que je ne respecterai plus les règles, qu’à compter de ce jour on reprenait l’ancien système où c’est MOI qui commandait, MOI qui donnait les ordres et les enfants obéissaient, un point c’est tout. Et je suis partie m’enfermer dans ma chambre où j’ai pleuré à chaudes larmes. La foudre était tombée sur les enfants, simplement parce que j’avais accumulé une charge électrique intense en moi, et il n’avait fallu que deux-trois coups de jus pour tout faire exploser. Mais ça ne s’en est pas arrêté là… Après la foudre vient le tonnerre…

Deux de mes enfants sont venus s’excuser de m’avoir embêter en me faisant un câlin. Ça avait à peine mis trois gouttes de bien-être dans mon réservoir. J’avais besoin de beaucoup plus. J’avais besoin qu’on entende que maman n’était qu’un être-humain qui avait besoin d’aide à ce moment-là et surtout de calme… Mais les enfants en avaient décidé autrement, n’imaginant même pas une seule seconde à quel point mon réservoir était vide. Il ressemblait à une passoire ! Ma progéniture, alors privée de leurs jeux vidéos, se sont mis naturellement à jouer entre eux. Mais ils jouaient bien trop bruyamment pour mon encéphale qui, elle, avait besoin du calme absolu.

J’ai alors refais une tentative en me levant de mon lit pour leur préparer le repas. Et là, ce que j’ai vu m’a définitivement fait péter les plombs. Ma fille avait sorti tous les crayons, les animaux et autres jeux au sol. Je lui ai alors demandé de les ranger, ce que bien évidemment elle a refusé. Je l’ai alors vigoureusement houspillé, ce qui déclencha un océan de larmes de la demoiselle.  Encore une fois, j’essayais d’ignorer mon mal-être et me rendis dans la cuisine en me disant : “fais à manger et fous les au lit !” Mais pas de bol, ils avaient mis la cuisine sans dessus-dessous alors que j’avais pris la peine de la ranger le matin malgré mon douloureux lumbago. Et ma fille qui me suivait, se jetant au sol en hurlant…. AHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHH !

J’ai pris la poêle graisseuse et dégoûtante et l’ai violemment jetée dans l’évier avec les assiettes (qui ne se cassèrent pas, par je ne sais quel miracle). J’ai violemment balancé les tabourets au sol et crié : fichez le camp dans vos chambres, allez tous au lit, personne ne mangera ce soir !!!!! Ma fille s’est mise à hurler de plus belle. Je l’ai prise par ses vêtements, incapable de me baisser, et l’ai tirée jusqu’à ma chambre pour la mettre au lit. Et mes enfants regardaient cette furie déchaînée, incapable de maîtriser sa colère, son réservoir de bien-être vide, desséché… QUELLE HONTE… Regardez moi cette alcoolique des cris qui avait repris de la bouteille. Je me suis couchée à côté de ma fille que j’avais jetée dans mon lit. Prise de remords, je l’ai prise dans mes bras et me suis mise à suffoquer de pleurs tout comme elle pendant que je lui demandais pardon…

 

4- Quand les enfants prennent le relais…

Étrangement, les enfants ont du finir par comprendre que maman n’allait vraiment pas bien, et sont sortis du lit pour ranger le bazar. Les grands sont venus me voir et m’ont dit, maman, repose-toi, on s’occupe de tout. Ils ont fait à manger aux plus petits, m’ont proposé de me faire à manger, ce que j’ai décliné tellement j’allais mal. Ils ont ensuite envoyé les plus jeunes se coucher pendant que je suis restée allongée dans mon lit jusqu’au matin…

 

5- Comment remplir son réservoir ?

J’ai bien évidemment mal dormi cette nuit là, entre le lumbago et mon mal-être c’était difficile d’avoir un sommeil apaisé. Mais j’ai pu remplir une partie de réservoir car ma douleur avait été entendue. Le repos a aussi contribué à le remplir. Entièrement ? Non. Alors comment faire ? Eh bien… je ne sais pas. Nous sommes tous différents et nous vivons tous des situations différentes. Je n’ai pas de mari pour me prendre dans ses bras quand je vais mal, ni pour me soutenir dans mes épreuves. Je n’ai pas non plus de facilités pour passer du temps entre amies et sortir ou prendre soin de moi. Alors mon seul refuge sera pour moi dans ma foi… Si vous avez d’autres idées, partagez !

 

3 Replies to “Remplir son réservoir de bien-être”

Alexia

23 octobre 2017 à 7:59

As salam aleykoum. … comme j aime cette article, comme il me fait du bien et me console, masha Alllah
Maman, IEF, grande fratrie, et comme toi, le réservoir vide, les pleurs, le ras le bol, le manque de patiente et les wess wess….
Le refuge est la foi et le renouvellement d intention de nos choix …
Sans oublié les week end où je remplis mon réservoir en n ayant aucune contrainte, et beaucoup de repos….
Qu’ Allah te facilite et merci ton blog

Md

23 octobre 2017 à 9:05

Respect. ….qu Allah te facilité et que tes enfants te le rendent ncha Allah!

Malika

24 octobre 2017 à 3:18

Ton témoignage est très courageux et ce genre de situation est, je suis sûre, vécue par beaucoup de mère qui n’ose pas en parler ! En ce qui me concerne, j’ai de la chance d’avoir ma famille près de moi qui me soulage énormément mais dès que ce genre de situations arrive je lâche tout et vais prendre une grande bouffée d’air frais même si c’est simplement sur mon balcon !

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