tableau coopératif des taches en cuisine

Ranger la cuisine. Dans la théorie du monde parfait, tout le monde doit participer pour le bien-être de la société et blablabla. Sauf que dans la pratique ça ne fonctionnait pas exception faite des moments où je me mettais à aboyer comme un chien harassé de sa journée de cavalcade. Depuis des années j’essaie de trouver des solutions pour impliquer les enfants dans le nettoyage de la cuisine… en vain.
J’ai tout essayé : les réunions où on exposait le problème et où chacun apportait des solutions, la répartition des tâches, les inscriptions libres, les coups de pression d’une mère épuisée… TOUT sans aucune réussite dans la durée. Jusqu’au jour où j’ai fait la formation Freinet et là j’ai eu un déclic pour mettre en place un tableau de coopération.

 

1. Le principe :

Après ma formation Freinet, j’ai donc réfléchi à un tableau de coopération qui a été modifié au fur et à mesure des semaines en fonction de ce qui fonctionnait ou pas. Vous comprendrez donc qu’il nous est propre et qu’il faut l’adapter à vos besoins et votre mode de vie.
On a choisi avec les enfants de faire 4 colonnes par jours pour les 4 passages quotidiens dans la journée. Les  diverses tâches en cuisine ont été découpées. Chaque fois que l’un d’entre eux fait une tâche, il écrit l’initiale de son prénom. Au début, vu que c’était coopératif, on mettait des ronds pour les enfants et des croix pour moi. Mais certains ne faisant quasiment rien on a décidé de mettre l’initiale de chacun avec un minimum de cases à remplir pour obtenir une récompense.

La récompense dépend de la coopération de chacun et se calcule en additionnant toutes les participations sauf la mienne. Du coup on a réajusté. L’ensemble des cases remplies permet de remporter des récompenses cumulables. Idem, les récompenses ont été modifiées au fur et à mesure pour être motivantes. À vous donc de discuter avec vos enfants sur ce qui leur ferai plaisir lors d’un conseil de famille.
Au final, voilà ce qu’on a mis en place :
🌼 De 30 à 70 cases : une pâtisserie (10 cases minimum à remplir par personne)
🌼 De 70 à 110 cases : une pâtisserie + une soirée plateau ciné (24 cases minimum)
🌼 De 110 à 150 cases : une pâtisserie + une soirée plateau ciné + 1 heure de jeu vidéo (34 cases minimum)
🌼 160 cases : une pâtisserie + une soirée plateau ciné + 2 heures de jeu vidéo (53 cases minimum)

Et si vraiment aucune participation n’est faite alors la récompense de celui qui n’a rien fait est partagée entre ceux qui ont fait les tâches à la place du réfractaire. Ainsi il n’y a pas de sentiment d’injustice, ni d’obligation à faire quoi que ce soit. On est responsable de nos actes et de nos choix.

Vous pouvez télécharger notre tableau coopératif des tâches au format word ici : tableau coopératif format word

Et pour le télécharger au format PDF, cliquez ici : tableau coopératif format PDF

2. Efficace ou pas ?

Tout le monde y trouve son compte, et pour la première fois depuis des années, à l’heure où je vous écrit ce post, je ne range quasiment pas la cuisine depuis maintenant 2 mois ! Mes enfants se battent avec moi pour que je ne la touche pas 😂. Il y a toutefois un enfant qui ne participe pas. Et oui, ça ne fonctionne pas à tous les coups. Mais parfois il se motive et arrive à décrocher la première récompense. On peut espérer qu’avec le temps il en comprendra l’enjeu et se motivera pour faire plus.

Autre question : ça marche pour tous les âges ou pas ? Chez moi, non. Les grands de 16 et 18 ans ont décliné leur participation et ont trouvé cela trop infantilisant. Je pense que justement à cet âge là il ne faut pas mettre de récompense, mais simplement formuler des demandes avec un remerciement et un compliment descriptif pour mettre en valeur l’effort. Car à cet âge là, ils seront plus disposés à ranger pour aider et non pour gagner quelque chose.

Et pour les tous petits alors ? Et bien pour ma fille de 4 ans, j’adapte, et plutôt que de l’inscrire sur un rangement de cuisine, je lui mets des points lorsqu’elle range ses affaires, ce qui n’est absolument pas spontané lorsqu’elle joue. Et oui, quand elle me voit plier les vêtements, elle veut le faire car c’est un jeu, de même que laver le sol ou une table. Mais ranger après s’être amusé, ce n’est plus drôle !

Dernière question : et si la cuisine est bâclée ? Et bien ma foi, pas de bras, pas de chocolat ! Cuisine mal rangée, points non accordés. Les enfants qui choisissent de participer jouent très bien le jeu puisque c’est une initiative de leur part.

 

3. Carotte ou pas carotte ?

Certains diront que c’est du chantage, d’autres que ce n’est pas naturel, ni spontané. Alors je vais répondre à ces deux critères désuètes :

Premièrement, si je pouvais être payée ne serait-ce que par un câlin ou un sourire à chaque fois que je range la cuisine, ça me serait très certainement beaucoup moins désagréable. Et pourtant, j’aime organiser, ranger et que tout soit propre. Mais faire la cuisine 4 fois par jour, désolée ça me mange un temps fou que j’aimerais consacrer à autre chose. Donc récompenser un acte n’est pas du chantage. Ça serait du chantage si je disais : si tu ne fais pas ci, alors je te prive de ça. Mais ici, ça n’est pas le cas. Les enfants sont libres de participer ou pas et leur degré de participation leur octroie des récompenses ou des droits plus ou moins importants.

Deuxièmement, ce n’est pas naturel. Et bien oui ! Ce n’est pas naturel. Et pour moi, ranger la cuisine 4 fois par jour, ce n’est pas naturel non plus ! Je le fais car je ne veux pas sentir de mauvaises odeurs et préserver ma santé. Mais si je pouvais ne le faire qu’une seule fois par semaine et bien ça m’irait très bien. Ranger ma cuisine n’est ni passionnel, ni naturel, donc il n’y a aucune raison pour que ce soit le cas pour nos enfants !
Nous tombons donc d’accord sur le fait qu’il est bien plus agréable de faire quelque chose avec une récompense à la clef que sans !

Enfin je terminerai par cette phrase : testez, réajustez et appréciez !

Postez Votre Commentaire Ici