Y’a pas d’âge pour des câlins…

Je ne sais pas si vous êtes comme moi, mais inconsciemment j’avais une barrière psychologique des câlins face aux grands enfants. Inconsciemment, je me disais qu’arrivé à 10-12 ans ils étaient grands et n’avaient plus autant besoin de câlins que les petits.

Et puis, un matin, sans savoir pourquoi, j’ai eu un flash. Je me suis revue dans une scène datant de plus de 25 ans. Je me suis revue entrain de récurer la cuisine de ma mère au détail près sans même qu’elle me l’ait demandé. Et pourquoi je faisais ça ? Juste pour qu’elle me félicite, qu’elle soit contente de moi et qu’elle me le témoigne. J’étais (et suis encore) une enfant qui avait un énorme besoin affectif inassouvi et incompris. Ma mère qui nous aimait, n’était pas très tactile et n’a pas comblé ce besoin auquel j’étais incapable de mettre un mot. Ce n’est qu’à 39 ans que je me comprends enfant ! Et pendant que mon cerveau revivait cette scène, une autre a suivi juste derrière qui a fait remonter mes larmes… Mon fils de 12 ans faisait la même chose et je ne comblais pas son réservoir affectif, ayant jugé à tort qu’il n’en voulait pas. Peut être que lui-même ne connaissait pas son besoin comme moi à l’époque. Mais là j’avais compris…

J’ai pleuré à chaudes larmes en revivant cette scène tant elle me semblait réelle et récente. Je m’étais retrouvé dans mon corps de petite fille, avec mes émotions meurtries, aujourd’hui enfouies dans mon corps de femme non réconcilié avec sa vie de petite fille…

Je n’allais tout de même pas réitérer ce que j’avais vécu sur mon enfant. Pas question. Et comme je le dis toujours, i n’est jamais trop tard pour changer. Il faut juste essayer, et la seule chose que je pourrais regretter c’est de ne pas avoir essayé…

Alors j’ai essayé, et j’ai passé davantage de temps avec lui qui semblait être indépendant et n’avoir besoin de personne, je lui ai répété plus souvent que je l’aimais, que c’était mon choupinou, qu’il me manquait, je lui ai fait des câlins… et la magie a opéré ! L’enfant en face de moi se délectait de ces paroles réconfortantes dont nous avons tous besoin, il se blottissait dans mes bras avec un sourire de bien-être, remplissant son réservoir d’amour qui était totalement vide, pensant que seul celui de sa petite sœur avait le droit d’être rempli !

Mais ça ne s’en n’est pas arrêté là. L’autre revers positif, est que j’ai eu un enfant qui a fait des efforts monstrueux pour améliorer son comportement, sa façon d’exprimer ses besoins, et sa façon de communiquer ses émotions. Alors je ne dis pas que c’est parfait. Mais je vois bien que lorsque je n’ai pas de temps à lui consacrer, il est maussade, désagréable, nerveux sans vraiment savoir pourquoi.  Mais moi, je sais pourquoi…

Pour finir je vous partage une vidéo d’Isabelle Filliozat qui illustre assez bien cette problématique. Elle a énormément travaillé sur les émotions, écoutez, c’est vraiment intéressant…

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